Inspiration

Trouver pour chacun...

louise HurteauCe qui provoque le meilleur...

Tous les parents se sont vus exaspérés au moins une fois dans leur vie et se sont dit à voix basse, qu’ils avaient  hâte que leur enfant soit enfin capable de voler de ses propres ailes. Tous les parents, sauf ceux dont les enfants, même devenus grands, ne seront jamais autonomes.

Voici l’histoire  inspirante de Louise Prins.

Louise  est la mère d’un fils aujourd’hui âgé de 28 ans. Autiste Asperger, il ne quittera jamais le domicile familial définitivement. Il ne gagnera jamais sa vie. Fortes sont les chances  qu’il continuera à cogner dans des murs et des portes et que sa mère en défrayera les coûts. Isolé, sans ami, en questionnement sur lui-même, il vivra chez sa mère et son conjoint. Quand ses humeurs  deviendront incontrôlables comme il lui arrive régulièrement, il habitera pour quelques jours soit à l’hôpital, soit dans un appartement protégé pour lui permettre de se calmer. Alors, sa mère reprendra son souffle jusqu’à son retour et le même scénario se répètera encore. Pronostic : perspectives sombres, peu de répits pour la mère, peu-pas d’amélioration, l’imprévisible, l’inconnu et le déconcertant, occupée tous les jours à lui éviter le pire ! Habituée de jouer un rôle parapluie auprès de son fils, elle s’inquiète de qui le fera quand elle ne sera plus là. Elle tente de développer chez son fils le réflexe de se fier sur d’autres personnes de son entourage qu’elle-même.  

J’ai connu Louise dans le contexte du travail. Elle est la personne la plus généreuse que j’ai rencontrée, de son temps, de ses conseils, de son aide. Est-ce cette dure réalité qui l’a rendue si généreuse ?

``Probablement’’ me dit-elle. ‘’J’étais une enfant gâtée pourrie, égocentrique qui régnait en reine auprès de mes parents et de mes frères. Avec mon fils,  j’ai appris à devenir tolérante, empathique et généreuse…

…Je me suis vue expliquer la réalité des enfants autistes aux autres parents afin d’éviter qu’il soit rejeté. Je suis même intervenue auprès des conjointes de son père pour favoriser qu’elles l’acceptent tel qu’il était...

…J’ai commencé à devenir plus altruiste, moins ‘’jugeante’’ des autres quand j’ai vu la personne qu’est mon fils au-delà du diagnostic clinique. J’avoue que je dépasse maintenant l’image que présentent les gens à première vue…

…Probablement que forcée de me débrouiller avec toutes sortes de réalités saugrenues, je suis devenue aussi plus créative...’’ 

Il est vrai que Louise a passé les 20 dernières années à se battre contre le tabou de la maladie mentale. De l’étiquette de ``la mère frigo``donnée aux mères d’enfants autistes jusqu’au préjugé qu’ ``une mère exagère toujours l’état de son enfant,`` elle s’est sentie coincée entre le scepticisme des uns et les jugements des autres sur son incapacité à contrôler l’adulte qu’il est devenu …  Comme si tout était question de ses manques à elle. Sans parler combien les préoccupations de confidentialité du dossier d’une personne de plus de 14 ans lui ont compliqué la vie face aux hésitations de son fils de se faire soigner pour éviter le pire.

‘’C’est à cause de la situation médicale de mon fils que je suis partie à mon compte et c’est la meilleure chose qui me soit arrivée’’ me dit Louise. ‘’Tout comme c’est lui qui souvent, dans toute sa candeur, m’amène à m’éblouir  devant les couleurs imprenables du soleil couchant ou à m’esclaffer en imitant le cri des vaches qui broutent dans les champs tout au long de l’autoroute. Parfois même, c’est lui qui prend soin de moi, à sa façon de me dire de mettre mes limites. ’’

Quand je lui demande ce qui l’a le plus aidée dans la vie avec  pour faire face à cette maladie, elle me dit :

‘’Deux psychiatres. L’une m'a recommandé d’être stricte avec lui parce que ‘’la société n’aurait aucune pitié envers lui’’. À partir de ce moment, j'ai  travaillé à faire comprendre à mon fils sa différence et à  l'importance d'ntégrer les règles de la société. Et l’autre psychiatre m'a précisé que parce que le diagnostic de mon fils ne permettait pas vraiment de savoir ce qu’il avait, l’approche idéale serait donc très terre à terre, très proche de lui, précisant :  ‘’On va faire le focus sur ce qui fonctionne!’’  

N’est-ce pas ça la vraie leçon de vie. Trouver à chacun ce qui provoque le meilleur ?

Très impliquée dans des organismes de santé mentale, Louise suit avec parcimonie les résultats des recherches médicales sur cette réalité grandissante et est capable à l’occasion de repérer les contradictions des approches thérapeutiques et pharmacologiques.

Quelle battante ! Quelle courageuse personne ! Toujours de bonne humeur, énergique et positive ! C’est toute une inspiration pour moi !

Comment soutenir cette femme autrement que de lui dire ‘’Bravo et Merci’’

Avez-vous des questions ? nous avons des idées ...

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